FEUILLETER UN AUTRE NUMÉRO
Mois
Année

2017-09 / NUMÉRO 135   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
CHERCHER SUR LE SITE
 
ILS / ELLES
 
LIVRES
 
IMAGES
 
Au fil des jours...
 
Poème d’ici
Vent


Par Frida Bagdadi Debbané
2017 - 09

Frida Bagdadi Debbané est journaliste, poète et artiste collagiste. Auteure d’une quinzaine de livres pour enfants, elle a été secrétaire de rédaction de Femme Magazine dont elle est actuellement responsable des pages culturelles. Rédactrice dans Les Copains puis Junior, suppléments de L’Orient-Le Jour, elle a collaboré à la page culturelle du même quotidien et participé au lancement de L’Agenda culturel. En 2016, son exposition « Boîtes poétiques » à la galerie Aida Cherfan a rencontré un grand succès auprès du public. Frida Bagdadi Debbané publie bientôt un nouvel ouvrage intitulé Mises en scènes.

Vent

Il y avait du vent sur le passage des fleurs

J’en cueillais le parfum

Un pétale m’enveloppa, et

Je sentis la terre se déplacer

Mais vers où ?

Qu’importe, puisque tous les exils, 

Portent le même prénom…

Il y avait du vent pour ramener les sources,

L’homme paisible qui péchait, releva sa canne

Rien de visible, tout était bleu

Seuls ceux qui ont le pressentiment 

Des grands naufrages, connaissent

Les lieux secrets où vivent les poissons.

Ils en ont même vu qui s’envolaient 

Éternels rêveurs.

Dormez le plus loin en vous-même

Et n’ouvrez jamais

Les grands ouvrages de la destinée 

Ils sont écrits avec le sable bleu des rivages.

Ils expliquent que la mer

Est la seule voie visible

Qui garde secret le mystère de l’horizon.

 

Encre-âge 

L’âge n’était pour rien

Dans la transformation du sang en encre noir

L’odeur du café tout aussi noir

Brûlait les extrémités nouées par la douleur.

Il faisait si mal si douloureux

Qu’il n’aurait servi à rien

De détourner le cours des veines

Celles-ci m’appartenaient

Et leur transparence brulait la peau devenue rouge.

Elle n’avait plus peur des couleurs qu’elle échangeait souvent

Pour une marche secrète dans les nuages

Le soleil dépliait ses rayons en éventail

Pour ramener vers moi un vent froid.

Je me sentais une autre

Juste un moment 

Celui-là qui s’écoule en source

Et ouvre un passage étroit

Mais combien serein et divin

D’un bref moment d’oubli.

 

Poèmes inédits 

 
 
D.R.
 
2017-09 / NUMÉRO 135