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Editorial
Obscurantisme
Dans une « Lettre de Téhéran » publiée dans Le Monde, on apprend qu’« un grand nombre de livres classiques ne peuvent plus être réimprimés depuis l’élection à la présidence de Mahmoud Ahmadinejad en 2005 ; et à beaucoup d’autres est refusée l’autorisation de publication ».

Par Alexandre NAJJAR
2008 - 11
Dans une « Lettre de Téhéran » publiée dans Le Monde, on apprend qu’« un grand nombre de livres classiques ne peuvent plus être réimprimés depuis l’élection à la présidence de Mahmoud Ahmadinejad en 2005 ; et à beaucoup d’autres est refusée l’autorisation de publication ». L’auteur de la lettre parle de « dépression littéraire » et relève que des oeuvres aussi inoffensives que Ulysse de James Joyce, Le Joueur de Dostoïevski ou Du contrat social de Rousseau sont interdites ainsi que certains livres de Virginia Woolf ou Heinrich Böll. La censure aurait même charcuté les traductions de L’État de siège et des Justes de Camus ! Cette situation, qui s’accompagne de multiples vexations contre les écrivains iraniens, montre bien l’état d’esprit du régime en Iran qui foule aux pieds la liberté d’expression et plonge le pays dans l’obscurantisme. Dans le prolongement de ces pratiques, le responsable des relations internationales du Hezbollah vient de protester auprès de l’ambassade du Royaume-Uni au Liban contre la remise d’une médaille par la reine Élisabeth II au romancier Salman Rushdie. Que le responsable en question soit choqué par cette initiative, c’est son droit. Mais qu’il s’érige en critique littéraire afin d’évaluer les écrits de Rushdie, « dénués de tout sens littéraire ou moral » et son style « dépravé et mesquin », voilà qui prête à sourire et reflète les tendances liberticides de ce parti pro-iranien qui a élargi son champ d’action pour établir les canons littéraires et juger les écrivains - de la même manière qu’il délivre des « certificats de patriotisme » aux Libanais. La fermeture des organes de presse du Courant du futur en mai dernier n’était-elle pas déjà annonciatrice des méthodes du Hezbollah qui veut désormais guider nos lectures et régenter nos cerveaux ?
 
 
D.R.
Dans une « Lettre de Téhéran » publiée dans Le Monde, on apprend qu’« un grand nombre de livres classiques ne peuvent plus être réimprimés depuis l’élection à la présidence de Mahmoud Ahmadinejad en 2005 ; et à beaucoup d’autres est refusée l’autorisation de publication ».
 
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