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2017-04 / NUMÉRO 130   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Editorial
Fin de cycle


Par Alexandre Najjar
2017 - 01
L’année 2016 qui s’achève nous inspire soulagement, déception et espoir :

Soulagement de savoir révolue une année terrible qui a connu la disparition d’une cinquantaine de personnalités de premier plan, notamment dans les domaines de la chanson (Leonard Cohen, David Bowie...) et de la littérature (Michel Butor, Michel Déon, Michel Tournier, Umberto Eco, Edmonde Charles-Roux, Yves Bonnefoy…).

Déception de constater que le gouvernement actuel n’est pas à la hauteur de nos attentes, à cause des faux calculs des uns et de la lâcheté des autres, et a scellé la soumission du pays à l’axe syro-iranien – soumission qui risque de s‘aggraver lors des prochaines législatives en raison de la maladresse des héritiers du défunt 14 Mars. Déception également de voir que la presse libanaise est à l’article de la mort : As-Safir ferme ses portes, An-Nahar licencie des dizaines d’employés et Al-Moustaqbal tarde à payer les salaires. Cette situation n’est pas seulement due à la désaffection pour le support papier, ni au recul des recettes publicitaires, elle est également causée par les dissensions familiales et par la mauvaise gestion de certains journaux jusque-là habitués à vivre aux crochets de personnalités politiques ou de puissances régionales. Du coup, des centaines de journalistes chevronnés se retrouvent à la rue. Si l’État libanais n’était pas aux abonnés absents, il aurait déjà mis en application le plan de l’ancien ministre Ramzi Jreige destiné à sauver le secteur. Mais d’autres chantiers semblent prioritaires : les nominations, la loi électorale et le découpage du fromage pétrolier par exemple, sujets récurrents qui vont nous occuper dans les mois à venir et nous détourner de la crise économique qui étouffe le pays.

Espoir, enfin, car l’année 2017 peut difficilement être pire que l’année 2016 où la camarde a été particulièrement boulimique et où notre classe politique a battu des records d’incompétence. Si l’explosion dans la discothèque d’Istanbul, quelques minutes seulement après le passage de relais, a meurtri aussi bien le Liban que la Turquie, elle ne doit pas nous abattre pour autant. Pour vaincre les forces du mal, deux armes : la rage de vivre et l’unité.

 
 
 
2017-04 / NUMÉRO 130