FEUILLETER UN AUTRE NUMÉRO
Mois
Année

2019-12 / NUMÉRO 162   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
CHERCHER SUR LE SITE
 
ILS / ELLES
 
LIVRES
 
IMAGES
 
Au fil des jours...
 
Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Elles s’y mettent aussi…


2019 - 08
Quand vous étiez petite, les choses étaient claires : il y avait d’un côté les hommes, des géants qui chaussaient du 45, avaient une grosse voix quand ils étaient fâchés et allaient à la chasse à l’aube armés de grands fusils. Ils étaient aussi protecteurs, vous prenaient sur leurs genoux pour essuyer vos larmes quand vous aviez un gros chagrin et vous vous rappelez encore avec fierté du jour où ils avaient terrifié la « demoiselle d’autocar » qui avait osé vous taper sur les doigts avec une règle métallique. 

Mais c’est durant la Coupe du monde de foot que l’un de ces géants-là, votre papa chéri, donnait toute sa mesure « virile » : ce digne avocat, élève de « nos maisons », grave et pondéré, toujours vêtu d’un costume sombre et d’une chemise blanche, se transformait alors de manière spectaculaire en un fan déchaîné, presque un hooligan dirait-on aujourd’hui. En compagnie de ses stagiaires, il squattait le salon, vociférant au moment des buts, hurlant lors des penalties et bondissant comme un diable de son fauteuil au moment de la victoire de son équipe préférée, les Allemands.

Du côté des femmes, votre maman – sage comme on l’était à l’époque – prenait les choses avec philosophie et vous ordonnait, avec un petit clin d’œil complice, d’apporter des bières et des sandwichs à ces mâles survoltés… par le sort d’une baballe. Ce qui ne l’empêchait pas, malgré les vociférations, de poursuivre, sereine, un délicat travail de couture ou la lecture de Jours de France.

Les choses étaient dites (sans les dire) : il y avait d’un côté les hommes, et de l’autre, les femmes.

Hier, vous avez, par hasard, ouvert la télé. Quelle ne fut votre surprise de voir des « footballeuses » (!) costaud(es ?) en short, les cheveux collés par la sueur, courant, déchaînées, sur le terrain, à la poursuite du ballon rond. Paraît que c’est la Coupe du monde féminine de football…

Pauvre maman… vous imaginez sa tête…

P. S. : Les maris des spectatrices les pourvoient-ils en sandwichs, chips et autres bières ?
 
 
D.R.
 
2019-12 / NUMÉRO 162