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2017-08 / NUMÉRO 134   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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La Grande Guerre vue par les écrivains


Par Alexandre Najjar
2015 - 07
Si la Première Guerre mondiale a peu inspiré les romanciers libanais, elle a, en revanche, nourri de nombreuses œuvres majeures de la littérature mondiale. Présentés par Antoine Compagnon, les extraits des meilleurs ouvrages ayant pour sujet la Première Guerre mondiale ont été rassemblés dans un volumineux recueil intitulé La Grande Guerre des écrivains et découpés en chapitres suivant des thèmes précis. Au chapitre « L’été 14 », on retrouve ainsi des poèmes d’Apollinaire, des extraits du journal de Gide, des textes de Stefan Zweig, Ernst Jünger, Colette, Roger Martin du Gard, Céline, Barrès (sur Péguy, mort au champ d’honneur), Yourcenar et Cendrard. Au chapitre « Le Front », Genevoix côtoie Dorgelès, auteur de l’inoubliable roman Les Croix de bois, Giono, Paulhan, Kessel, Cocteau, Dos Passos, Hemingway (qui fut brancardier), sans oublier les poètes Éluard, Breton et Aragon. Dans « Les échelons : entre lignes et arrière-lignes », on découvre Sassoon, De Gaulle (dans ses Lettres), Barbusse et son roman Le feu (couronné en 1916 par le prix Goncourt), Malaparte, Virginia Woolf et Robert Graves. Dans « L’arrière », qui nous montre comment la vie continuait loin du front et nous révèle l’univers des « embusqués », sont réunis les textes de Pierre Reverdy, Max Jacob, Drieu La Rochelle ou Proust, alors que « Mémoire et oubli » propose des extraits d’Ezra Pound, Henry de Montherlant, Kipling, Katherine Mansfield, Faulkner, Camus, Claude Simon, Bernanos, Roland Barthes et Senghor, auteur de l’admirable poème « Aux tirailleurs sénégalais morts pour la France ». 

On regrettera toutefois l’absence de Georges Duhamel, qui a pourtant bien raconté, dans Vie des martyrs (1917), les affres de la guerre à travers les hôpitaux qu’il visitait en tant que médecin, et celle d’Erich-Maria Remarque, l’auteur du chef-d’œuvre Im Westen nichts Neues (À l’ouest rien de nouveau), adapté avec succès au cinéma et brûlé lors des autodafés de 1933 en Allemagne, qui nous décrit la guerre des tranchées du côté allemand. On regrettera aussi que le journal de guerre d’une personnalité aussi brillante que Gabriel Bounoure, qui fut soldat avant de fonder l’École Supérieure des Lettres de Beyrouth, n’ait pas encore été édité pour mériter de figurer dans cette monumentale anthologie !




 
 
 
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