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2017-05 / NUMÉRO 131   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Opinion
Amin Maalouf : « Ghassan Salamé est le meilleur candidat, tout court ! »


Par Hind Darwish
2016 - 04
Il y a un débat animé autour de la réaction des autorités libanaises à la candidature de Ghassan Salamé au poste de directeur-général de l'Unesco. Que pensez-vous de cette polémique ?

J’en suis surtout extrêmement surpris. Quand j’ai su que Ghassan Salamé avait annoncé sa candidature, j’en ai été sincèrement enchanté. Il a le profil idéal pour cette fonction. Je ne me suis pas dit qu’il était le meilleur candidat libanais, mais qu’il était le meilleur candidat tout court, indépendamment de sa nationalité. Ses compétences dans les domaines diplomatique, administratif, académique et éducationnel ont peu d’équivalents dans le monde.

Pensez-vous que l’adoption officielle, par le gouvernement libanais, de la candidature de Ghassan Salamé à la direction générale de l'Unesco contribuerait à redonner une lueur d’espoir aux Libanais qui assistent à la détérioration progressive de leur pays et de ses institutions ? Quelle attitude doit adopter le gouvernement libanais à cet égard ?

Je ne me permettrai pas de dire aux uns ou aux autres ce qu’il faudrait faire. Je m’exprime simplement comme un amoureux du Liban, qui croit à la pérennité de son message, qui croit à son rayonnement dans le monde, et il me paraît évident que la présence d’un compatriote de stature internationale à la tête de la plus grande organisation culturelle et éducative de la planète serait un sujet de fierté légitime pour tous ceux qui chérissent le Liban et croient en lui.

D’après vous, la culture répond-elle à la question du sens de vivre-ensemble, dans notre pays, comme dans le reste du monde ?

L’action éducative et culturelle est aujourd’hui essentielle, et pour tous les pays, sans exception. La mission de l'Unesco a été, dès l’origine, de bâtir la paix dans les esprits des hommes, et il suffit de promener notre regard sur le monde, de l’Orient à l’Occident, et du Nord au Sud, pour comprendre qu’il devient indispensable, et même urgent, d’instaurer partout une véritable culture de la paix. Apprendre aux gens à vivre ensemble, en dépit de leurs différences, c’est le principal défi de ce siècle. Et s’il y a un défi que les Libanais comprennent mieux que d’autres, et où ils pourraient apporter une expérience historique précieuse, c’est celui-là. Je suis persuadé que Ghassan Salamé remplirait brillamment cette mission.




 
 
D.R.
 
2017-05 / NUMÉRO 131