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2017-09 / NUMÉRO 135   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Beaux-Arts
Nizar Daher, magicien des couleurs


Par Alexandre NAJJAR
2008 - 12

Après avoir consacré des albums à Michel Basbous et Khalil Salibé, la section des beaux-arts de l’Université libanaise vient de publier un bel ouvrage dédié au peintre Nizar Daher. Intitulé Parcours en couleurs, il comprend une biographie, une rétrospective de son œuvre et des témoignages. Né en 1951 à Kfardane dans la Békaa, Daher a étudié à Leningrad où il a acquis de la peinture russe la discipline et le sens du détail. Les nus de la première époque sont saisissants de réalisme, imprégnés de mélancolie. Dans les années 80, ses thèmes apparaissent engagés, avec des toiles intitulées Affrontement, Tragédie du Liban, Camp de concentration (Ansar), Beyrouth 82. Le peintre se fait le témoin de son époque et exprime sa colère à travers ses œuvres. Au début des années 90, ses tableaux deviennent plus épurés, plus sereins, ses paysages, surtout inspirés de sa Békaa natale, offrent de vastes espaces de couleurs intenses, harmonieusement agencées, qui deviennent parfois floues comme dans un songe à la pointe du jour, à la tombée de la nuit, ou quand la brume se lève. Le peintre ici devient poète et capte ces moments éphémères où la nature hésite entre obscurité et lumière. Touche de la brume, Clair de lune, Le calme du matin… autant de toiles qui dénotent la capacité de Nizar Daher à saisir l’ineffable. Dans les années 2000, la femme entre en scène et se confond avec la terre, un peu comme dans l’œuvre de Gibran où la nature-mère occupe une place prépondérante. Le peintre s’essaie à de nouveaux procédés – technique mixte sur toile – qui donnent encore plus de relief à sa peinture. Les couleurs deviennent plus vives, plus chaudes, avec un retour à l’engagement des débuts – mais sous une forme plus abstraite – au lendemain de la guerre des 33 jours.

Artiste raffiné, Nizar Daher a obtenu de multiples distinctions, la plus significative étant sans doute l’émission par le ministère des Communications, en 2003, d’un timbre postal reproduisant son tableau Collines, à l’occasion de l’acquisition de celui-ci par le Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. L’album que l’UL vient de lui consacrer prouve à quel point ces récompenses sont méritées.

Parcours en couleurs, Publications de l’UL, 2008.

 
 
 
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