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2020-04 / NUMÉRO 166   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Contrainte de corps


Par Waddah Charara
2007 - 02
Un sit-in monstre (ou tout aussi bien, l’occupation, toujours monstre, et cependant avec un risque accru de dériver vers monstrueuse, plus grave, féminin aidant, que le monstre ou le pauvre monstrueux) organisé par un ex-commandant en chef et non président de la république (en ré mineur et très minuscule, vu les circonstances)- non ou pas encore (président) prétendent le bons augures en passe « de diviniser » faute de deviner simplement comme de vulgaires devins - piteux et éventuellement pythiques -, et qui dure depuis sept à huit semaines contre vents et marées bien sûr, mais, cependant, avec le souffle majestueux et harmonieux du vent en poupe d’un allié providentiel et tonnant sans détonner le moins du monde, et le verbe flamboyant d’un ex-, toujours et à jamais et comme jamais, poteau central (je me permets de traduire « imàd » de l’arabe bédouin puisque le « imàd » se dit du support de la grande tente sous laquelle le grand chef des petits chefs ou sous-chefs de la tribu reçoit, accueille, festoie. Et les « Syriens » ayant jugé que nommer un si brillant et important personnage d’un simple « imàd » relevait de la sous-estimation, ont coiffé leur commandant en chef du moment et pour presque toujours, d’un « premier imàd », ce qui a tout de même une autre allure) dont les tentes très sédentaires et bien argumentées et charpentées ont essaimé jusqu’à la lisière du lieu élu par Madame Ayda Sabra en guise de planches d’une scène presque nue, en guenilles, et en mal de limites et de poteaux, et donc d’orientation, pour y dérouler les péripéties très fortement cacophoniques, et même pire, sous l’angle envahissant et accablant des lieux d’aisance qui donnent son titre accrocheur à la pièce, Latrines publiques , ou plus platement W.C. publics  si l’on préfère. Et que dit Mme Sabra par le truchement improbable des neufs corps (entiers avec visages et langues pas si pendues que ça) secoués par leurs « inter-relations », besoins, désirs, attentes, répulsions, et l’intercession d’un « jeu de massacre » si bien nommé et frisant la prophétie écumante ? À (très peu de choses près) ce que pré-dit la monstruosité occupante et menaçante. La réduction de la parole à des interjections et des heurts de postures ne peut manquer de réduire les (supposés) interlocuteurs à des robots éructant et « merdants », dixit certains polars américains (les revoilà encore ceux-là !). L’occupation par les robots, et leur langage corporel, du centre échangeur des voies de communication, étend le mensonge et sa cacophonie, à toutes les voies pensables et imaginables. La voix humaine n’est alors qu’intimidation et contrainte de corps. Ne circulez point !
 
 
D.R.
 
2020-04 / NUMÉRO 166