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Colloque
Bachelard, un demi-siècle plus tard


Par Mahmoud Harb
2012 - 06
Comment lire, comprendre, interpréter la pensée et l’œuvre de Gaston Bachelard aujourd’hui ? Que vaut le surrationalisme à l’heure où le progrès de la science et de la technologie a atteint une ampleur probablement inimaginable au début du siècle dernier ? Tels sont les thèmes de trois journées de synthèse organisées les 21, 22 et 23 mai dernier à l’École normale supérieure (ENS) et l’Institut Henri-Poincaré de Paris par le Centre international de synthèse, dont Gaston Bachelard fut un membre actif, le Centre international de recherches en philosophie, lettres, savoirs (Cirphles-CNRE/ENS) ainsi que le Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière (Larsim-CEA). L’événement a réuni la fine fleur des irréductibles bachelardiens qui ont échangé autour de leurs travaux de recherche afin de rendre « hommage à l’inestimable esprit d’ouverture de la culture scientifique et littéraire vers son propre dépassement » catalysé par le célèbre épistémologue.

Trois jours durant, des chercheurs en philosophie, en sciences de la nature et en sciences sociales venus du monde entier ont donc tenté de réactualiser « les concepts hérités de Gaston Bachelard et (de les mettre) en œuvre sur les objets du présent pour ouvrir sa méthode aux découvertes contemporaines ». Les débats étaient bien entendu axés sur le surrationalisme qui se définit comme étant « le rationalisme corrigé à la lumière de l’apport du relativisme d’Albert Einstein, de la physique quantique et de la physique ondulatoire », selon Mohammad Salhab, épistémologue libanais et président de l’Université de technologie et sciences appliquées libano-française de Tripoli (ULFT) qui a pris part à la rencontre. « Pour Bachelard, la philosophie doit être pratiquée non pas de façon abstraite, mais en fonction des évolutions scientifiques elles-mêmes, explique le chercheur. Il a donc procédé à une réforme de l’épistémologie à la lumière des progrès scientifiques. » D’où l’intérêt donc de revenir aujourd’hui sur la thématique bachelardienne à la lumière des progrès exponentiels enregistrés par la science et la technologie au cours des deux dernières décennies.

La réactualisation de la pensée bachelardienne a en outre un intérêt fondamental en matière de pédagogie appliquée. En effet, comme le rappelle Mohammad Salhab, Bachelard, lui-même enseignant, a développé toute une réflexion autour de la transmission du savoir et de la connaissance dans le domaine scientifique. « Au moment où l’enseignement des sciences et de leur philosophie connaissent une évolution rapide, l’école bachelardienne a un apport fondamental à fournir en la matière », tient à préciser l’épistémologue libanais.

Le colloque des bachelardiens ne restera pas une initiative orpheline. Les participants ont en effet lancé un projet de constitution d’une « internationale bachelardienne » pour promouvoir les échanges entre les chercheurs dans le domaine de l’épistémologie et contribuer à intégrer des nouvelles technologies à la réflexion autour de la philosophie des sciences. De plus, l’un des organisateurs de la rencontre, Vincent Bontems, philosophe, chercheur et membre du centre de synthèse, a été l’invité de l’ULFT où il a donné le 1er juin une conférence autour des travaux de Gaston Bachelard et de l’épistémologie européenne. 

 
 
 
 
 
2017-05 / NUMÉRO 131