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2020-01 / NUMÉRO 163   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Hommage
Élias Abou Chabaké in Memoriam


Par Alexandre NAJJAR
2014 - 03
Poète connu et directeur du Centre du patrimoine libanais à la LAU, Henri Zoghaib poursuit son travail de mémoire visant à immortaliser les hommes de culture qui ont façonné le Liban que nous aimons. Après avoir consacré des livres aux frères Rahbani, à Saïd Akl et à Gibran, le voilà qui s’attaque à un monument de la poésie libanaise : Élias Abou Chabaké, né en 1903 à Zouk Mikaël où un musée lui est consacré, mort à 43 ans le 27 janvier 1947. 

Dans un beau livre illustré, intitulé Élias Abou Chabaké, venir à l’esprit, revenir à la mémoire, Zoghaib commence par réunir les témoignages de ceux qui, comme Khalil Takieddine, Toufic Youssef Aouad, Abdallah Alayli, Jean Gaulmier, ont bien connu Abou Chabaké, avant de reproduire les (bonnes) critiques de Saïd Akl, Antoun Ghattas Karam, Nazek Saba Yared, Joseph Abi-Daher et bien d’autres, à propos de l’œuvre de ce poète romantique par excellence, chantre tourmenté de la femme et de l’amour, considéré comme un disciple (en arabe) de Baudelaire pour avoir écrit Afa‘i el-ferdaous (Les vipères du paradis). « Baudelaire et Abou Chabaké ont transmué les misères humaines en beauté, écrit Vénus Khoury-Ghata à ce propos. Ils furent deux outres de remords, deux innocents qui se prenaient pour des pécheurs… » Dans la deuxième partie du livre, Henri Zoghaib, qui allie la rigueur du style à la curiosité saine du chercheur, se penche sur Abou Chabaké l’amant. On y découvre les égéries du poète (Ghalwa, Lily…), mais aussi des vers en français écrits de sa propre main : « Depuis ton règne en moi, je ne suis plus moi-même », avoue-t-il à sa « muse bénie », sa « divinité ». Quant à la troisième partie, elle replace le poète disparu dans son environnement à Zouk et évoque sa maison, ses « reliques » et son héritage. En conclusion, Zoghaib explique ce qui le fascine chez ce grand poète dont il a toujours été le plus fervent défenseur.

Élias Abou Chabaké,venir à l’esprit, revenir à la mémoire est précieux parce qu’il renferme des textes et des témoignages méconnus ou inédits et qu’il nous rapproche d’un poète essentiel qui avait pour devise : « Si l’amour déserte le monde des cœurs/ À quoi bon les ruines qui restent ? »


 
 
 
 
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