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2017-05 / NUMÉRO 131   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Hommage
Karim Basbous dans l’Ordre des arts et des lettres


2016 - 06
Architecte, auteur de plusieurs études et essais brillants sur l’architecture dont Avant l’œuvre : Essai sur l’invention architecturale (éd. Europan, 2007), rédacteur en chef de la revue Le Visiteur, Karim Malek Basbous a reçu à Paris, le 24 mai 2016, les insignes de chevalier dans l’Ordre des arts et des lettres des mains de l’ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui a salué les qualités du récipiendaire et rendu hommage au Liban en des termes très émouvants. Dans son allocution, Karim Basbous a affirmé qu’« il ne fait aucun doute que l’exil ouvre l’appétit d’un savoir universel. Kundera disait de Stravinsky que la musique était son seul pays. Ce n’est pas un hasard si les pères de la modernité en architecture ont été des émigrés : Kahn, Le Corbusier, Mies van der Rohe, Neutra… et ce n’est pas un hasard non plus si le plus grand pédagogue français de ces trente dernières années, Henri Ciriani, soit péruvien. Celui qui marche sur ses pas est biologiquement né au Liban mais intellectuellement né en France… Nous sommes des palimpsestes : à l’identité dont on a hérité, le parcours individuel superpose l’identité que l’on se construit. Je viens d’un petit monde, lui-même encapsulé dans un petit pays, où aussitôt que l’on décline son nom, on est situé sur la carte impitoyable du corps social. Et lorsque le père est un homme d’État estimé, on en sort étrangement “enflé” et “contraint” à la fois. Or dans l’exil, on perd son nom : en France, je ne suis le fils de personne. Cela ne m’empêche nullement de reconnaître – non sans fierté – ce qui me vient de mon père… » Évoquant son parcours académique, il a ajouté : « Mon engagement dans l’enseignement avait pour objet de rejoindre “les chevaliers de la table carrée” – selon l’expression de Camille Bouniol – afin de sauver une discipline quelque peu désorientée. Car jamais l’architecture n’a été aussi populaire, mais jamais aussi peu valorisée comme un art de l’espace ; jamais elle n’a été aussi riche en moyens techniques et médiatiques, mais jamais aussi pauvre intellectuellement. »
Une distinction méritée pour un architecte et enseignant dont le Liban peut être fier !

 
 
D.R.
 
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