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Les salons du livre de Beyrouth et d'Abou Dhabi : bilans positifs


2007 - 05

Le 50e anniversaire du Salon de Beyrouth s’est déroulé dans une relative discrétion à cause de la situation politique. Les organisateurs ont néanmoins accueilli un grand nombre de lecteurs et organisé plusieurs activités intéressantes, dont une lecture de poèmes par Mahmoud Darwich suivie par un très large public. Un hommage a été également rendu à Mai Ghossoub, à Samir Kassir et à Joseph Samaha, ainsi qu’à Gibran Khalil Gibran à l’occasion du 75e anniversaire de sa mort (lecture de textes par Rafic Ali Ahmad). Pari tenu, envers et contre tout. Du côté des Émirats, l’apport de la Foire de Francfort au 17e Salon du livre d’Abou Dhabi aura été bénéfique puisque la manifestation, qui s’est tenue du 31 mars au 7 avril, était bien organisée et a fait l’objet d’un catalogue digne des meilleurs salons. Les visiteurs locaux étaient au rendez-vous, stimulés par la générosité de cheikh Mohammed Bin Zayed qui a distribué aux élèves des bons d’achat totalisant trois millions de dirhams, et plusieurs conférences (dont celle de Hoda Barakat) et signatures ont attiré un vaste public. A cette occasion, les prix du cheikh Zayed, d’un montant total de 1,9 millions de dollars, ont été remis aux lauréats en présence du ministre libanais de la culture Tarek Mitri et de l’ancien ministre Ghassan Salamé. Le Libanais Georges Zeinati s’est distingué en obtenant le prix de la meilleure traduction (français-arabe) pour son travail sur Paul Ricœur. Seule ombre au tableau : l’absence d’éditeurs étrangers malgré la campagne publicitaire lancée par les organisateurs. Hachette a fait une courte apparition au salon, tandis que les autres éditeurs étrangers n’ont proposé que des stands presque vides. A noter enfin qu’un prix du meilleur roman arabe a été lancé en collaboration avec The Man Booker Prize. Doté de 60 000 dollars (en plus des 10 000 dollars octroyés à chacun des 5 finalistes), il sera attribué pour la première fois en février 2008.

Alexandre Najjar

 

Succès du 27e Salon du livre de Paris

Même si le Salon du livre de Paris ne déplace pas encore les foules comme celui de l’agriculture, ses organisateurs peuvent se féliciter d’une hausse de fréquentation : 180 200 visiteurs en cinq jours contre 174 000 en six jours l’an passé, dont deux fois plus de jeunes. Le stand de la librairie Gibert a vendu 15 000 volumes de littérature indienne, à l’honneur cette année, sur 1 200 titres au total, notamment des romans, mais aussi de nombreux essais sur le réveil de l’Inde et le défi indien. Ce qui en fait le troisième succès historique parmi les pays invités, derrière la Russie et l’Italie. Parmi les trente auteurs indiens invités cette année, ont été très remarqués : Vikram Seth ; Abha Dawesar qui, dans un roman subversif et rafraîchissant intitulé Babyji (éditions Héloïse d’Ormesson), conte le quotidien d’une lycéenne qui découvre sa sexualité avec trois femmes de castes différentes ; son alter ego masculin, Altaf Tyrewala, dont le premier roman, Aucun dieu en vue (Actes-Sud), capte magistralement la conscience collective de Bombay ; l’écrivain et journaliste Tarun Tejpal ; et, pour les amateurs de polar, genre encore peu développé en Inde, Kalpana Swaminathan avec Saveurs assassines (Le Cherche-Midi).

Comme en 2005 et 2006, le Liban était présent au Salon, mais cette fois-ci grâce à la région PACA qui lui a généreusement offert un espace pour y exposer les dernières publications des éditeurs libanais (notamment les livres pour la jeunesse) et celles des auteurs libanais édités en France. Le stand a suscité l’intérêt d’un vaste public et permis à plusieurs écrivains libanais, dont le Dr Hareth Boustani, d’y rencontrer leurs lecteurs. Au total, près de 2 000 auteurs ont dédicacé leurs œuvres au Salon, dont Marc Lévy, Amélie Nothomb, Harlan Coben, Françoise Chandernagor, Christine Angot, Douglas Kennedy, Enki Bilal, Bernard Werber, Bernard Pivot, et les Libanais Amin Maalouf (qui a fêté les cent ans de Grasset en compagnie de plusieurs autres lauréats du Goncourt publiés par la maison), Vénus Khoury-Ghata, Alexandre Najjar, Hoda Barakat et Hyam Yared. Présidentielle oblige, les débats organisés sur la Terrasse politique ont suscité un vif intérêt. François Bayrou et José Bové, tous deux candidats à l’Élysée, ont d’ailleurs fait leur apparition au Salon, sur les stands de Plon et Hachette. Seule ombre au tableau : les libraires libanais à l’affût de nouveautés n’ont pas été très emballés par les titres proposés cette année. Les élections rendraient-elles les éditeurs frileux ?

Interrogé par L’Orient littéraire, le président du SNE (Syndicat national des éditeurs), Serge Eyrolles, estime, au vu de ce Salon, que « le livre n’est pas en crise. Il s’apprête à relever les défis de la numérisation. Notre combat est celui de la diversité culturelle, d’une part contre ceux qui prônent le mythe de la gratuité des biens culturels dématérialisés, d’autre part en faveur du maintien de la librairie indépendante, heureusement encore bien représentée en France mais fragilisée ». À propos du choix d’Israël comme invité d’honneur en 2008 à l’occasion du 60e anniversaire de la création de l’État hébreu et sur les conséquences possibles d’un tel choix sur certains participants arabes, il considère que « le Salon du livre n’est pas un espace politique, mais un lieu de rencontre avec des auteurs et ceux qui publient leurs livres ; c’est la littérature israélienne qui sera invitée, et non l’État. D’ailleurs, elle est présente depuis plus de six ans au Salon et permet de découvrir chaque année des écrivains israéliens ; 2008 sera donc l’occasion d’un focus ».

Nathalie SIX

 
 
 
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