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2018-08 / NUMÉRO 146   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Rien n’y fait. Chaque année à la même époque, à l’occasion de la rentrée politique, parlementaire, scolaire et donc littéraire, tout ce que la France compte de chroniqueurs, reporters, critiques culturels tente désespérément d’en dessiner le visage.  ... >> lire la suite
 
Questionnaire de Proust à...
Noëlle Châtelet
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Bilan par Ali Thareb
Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Une sortie « culturelle »
 
 
Édito par Alexandre Najjar
H
A
lors que le fléau de la drogue touche une grande partie de la population libanaise et affecte de plus en plus notre jeunesse, devenue très vulnérable du fait de la prolifération de dealers « protégés », voici qu’on nous propose la légalisation de la culture du haschisch « à des fins médicales ». Cette mesure, si elle devait être adoptée, est injustifiée et criminelle :

Injustifiée, parce que les cultures de substitution existent et ont déjà été proposées par de nombreux spécialistes. Dans son livre Le Défi libanais, plans et perspectives (Dergham, 2006), dont les cerveaux de McKinsey auraient dû s’inspirer, l’ancien président du « Plan vert » Malek Basbous avait ainsi préconisé la culture des plantes aromatiques dans la Békaa en se basant sur le rapport d’un expert français de Grasse, le Dr Igolen, selon lequel les plantes aromatiques cultivées dans cette région du Liban contiennent 20% d’essences en plus par rapport aux plantes similaires du sud de la France. L’essai en question propose aussi le déve­loppement de la culture des plantes médicinales et des plantes industrielles (colza, jojoba, tournesol, soja, canola) et « la création de laboratoires d’extraction en association avec les sociétés pharmaceutiques et les entreprises d’huileries végétales »...

Criminelle, parce que la légalisation du haschisch conduira à banaliser l’usage de cette substance dans une société déjà minée par la drogue et à l’exporter, via nos frontières poreuses, pour « empoisonner » l’Occident – de l’aveu même d’un trafiquant qui se targuait à la télévision de vouloir « se venger » des Occidentaux. En outre, cette mesure contribuera à amnistier de nombreux criminels et à encourager le blanchiment d’argent, et poussera les caïds à se constituer en cartels à l’instar de leurs homologues colombiens. L’encadrement de la production par l’État, indispensable en cas de légalisation à des fins médicales, sera en pratique impossible, d’où anarchie, élargissement de la clientèle et recrudescence des trafics.

Nos dirigeants ont déjà essayé de vendre notre nationalité à travers des naturalisations hasardeuses, et de vendre nos terres à travers une loi octroyant aux étrangers des permis de séjour contre l’acquisition de biens immobiliers, les voici qui foulent aux pieds la réputation du Liban et, surtout, la santé de nos concitoyens pour dépénaliser leurs pratiques criminelles, ajouter des millions de dollars au pactole qu’ils ont déjà amassé en pillant les caisses de l’État, et faire fructifier la « mafiature » qui saigne à blanc le pays.

Quel que soit le profit potentiel à tirer de la légalisation du haschisch, nos députés doivent absolument s’opposer à cette mesure insensée qui creusera davantage encore le gouffre où nous nous trouvons et transformera définitivement le berceau de l’alphabet en « État voyou »!


2018-08 / NUMÉRO 146