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2019-09 / NUMÉRO 159   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Au fil des jours...
 
EN UNE
Ce qu’il y a de bien avec la rentrée littéraire, c’est son côté immuable, intangible et, osons le mot, éternel. Le monde peut être à feu et à sang, la société en proie aux plus intenses bouleversements et la planète au bord de l’explosion climatique, l’étrange rituel par lequel depuis un siècle environ, en France, éditeurs, écrivains, jurés, libraires s’accordent à concentrer leurs efforts, et partant ceux des lecteurs, sur la période qui court de la mi-août aux premiers frimas de novembre, relève du mystère. Et comme on le sait, lorsque les événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs… ... >> lire la suite
 
Questionnaire de Proust à...
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Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Eco… responsable ?
 
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Édito par Alexandre Najjar
Faillite
O
n nous parle sans cesse de « faillite » du Liban, comme s’il s’agissait d’une vulgaire entreprise commerciale. Les gens attendent avec angoisse, à l’instar des bacheliers, la note de Fitch et consorts ; on s’inquiète à la moindre fluctuation de la livre libanaise ; on panique quand une banque locale se retrouve dans le collimateur des gendarmes financiers du monde. Et quand le Hezbollah décide de son propre chef de riposter aux provocations israéliennes, on fait dans son froc à l’idée de devoir revivre le cauchemar de la guerre des 33 jours. Faillite ? La vraie faillite est plutôt celle de l’esprit de nos dirigeants, impuissants face à la crise économique et aux problèmes vitaux comme l’électricité ou les ordures, et qui créent de nouveaux impôts pour affamer une population déjà exsangue. La vraie faillite n’est pas dans nos caisses, mais dans notre souveraineté confisquée, vidée de son contenu par des forces hégémoniques qui font la pluie et le beau temps sur notre territoire. La vraie faillite, c’est l’hémorragie qui décime notre jeunesse, acculée à quitter le Liban pour aller travailler décemment à l’étranger. La vraie faillite, c’est celle de nos institutions qui pourrissent les unes après les autres, noyautées par les partis, minées par la gabegie et par des nominations trop souvent dictées par le clientélisme au mépris de la méritocratie. La vraie faillite, c’est la passivité de nos citoyens qui ne réagissent pas aux coups qu’on leur inflige par peur de déplaire au caïd qu’ils suivent à l’aveuglette, mus par une sorte de syndrome de Stockholm à la sauce confessionnelle.

La vraie faillite, enfin, c’est quand l’espoir en un futur meilleur devient une utopie et que nos rêves légitimes s’effondrent comme un château de cartes parce que l'avenir ne se construit pas avec des incapables.



2019-09 / NUMÉRO 159