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2018-10 / NUMÉRO 148   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Dans son nouveau roman, l'écrivain britannique raconte le déclin d'une riche famille de New York à la fin de la présidence Obama. Il y aborde les thèmes de la fuite, de la dissimulation d'identité, de la vérité et, en arrière-plan, du populisme. Rencontre à Paris. ... >> lire la suite
 
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Édito par Alexandre Najjar
Ignorance
A
près les fermetures successives d’al-Balad, as-Safir et al-Hayat, voici que Dar As-Sayad, qui publiait 9 périodiques – dont la légendaire revue al-Chabaké –, met la clé sous la porte et une trentaine de journalistes à la rue. Parallèlement, les autres périodiques réduisent la voilure, envisagent de se retirer à leur tour, ont supprimé leurs suppléments, notamment littéraires, ou retardent leur parution, alors que des maisons d’édition locales et plusieurs librairies ont déjà fermé boutique. Face à cette hécatombe, on s’interroge : qui mettre en cause ? La crise économique, la mauvaise gestion, la disparition du traditionnel financement extérieur, les dissensions familiales, le recul des recettes publicitaires, le tsunami numérique, le désintérêt des États qui ont d’autres « priorités » (dans quel tiroir sommeille donc le projet de loi destiné à venir en aide aux titres libanais en difficulté?), certes, mais, surtout, l’ignorance de notre peuple arabe, tout occupé à multiplier les querelles intestines ou à jouir du fanatisme ambiant, allergique aux livres et aux périodiques (considérés comme « dépassés » ou « subversifs »), persuadé que la possession d’un smartphone le rend cultivé... Tout bien considéré, la crise de la presse et celle de l’écrit dans le monde arabe sont principalement dues à une dégénérescence cérébrale galopante qui a contaminé les citoyens, hommes et femmes, grands et petits. Il fut un temps, avant et après le Coran, livre sacré de l’islam, où la nation arabe produisait des poèmes d’excellente facture, des traductions, une pensée philosophique, des traités de médecine, d’astronomie et de mathématiques... À présent, elle végète, produit de la misère, des extrémistes, des terroristes et des gouvernants minés par les abus, la corruption ou le népotisme, et, pour avoir bonne conscience, supprime, bâillonne ou laisse pourrir livres et journaux, sans se douter que ce faisant, elle sombre dans une décadence sans fond.

2018-10 / NUMÉRO 148