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2019-02 / NUMÉRO 152   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Journaliste et romancière, May Menassa était un exemple de dévouement à la culture. Son jugement fin, sa belle plume, sa rigueur et sa disponibilité ont fait d’elle l’une des figures de proue de la critique au Liban. Son dernier livre, L’Enfant aux yeux pleins de larmes, paraîtra le 28 mars prochain chez Erick Bonnier. En hommage à cette écrivaine inoubliable, nous publions ici un texte en prose et un récent poème écrits par sa sœur, Vénus Khoury-Ghata. ... >> lire la suite
 
Questionnaire de Proust à...
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Édito par Alexandre Najjar
Le diable dans le confessionnal
P
opulation of Lebanon : 6,090,782 (April 2018 est.) - (including 2 million Syrians and 450,000 Palestinians. » Sur Wikipédia, on constate avec effarement que notre population, estimée à 4 millions d’habitants environ, a considérablement augmenté à cause des réfugiés que les démographes comptabilisent désormais. Ce chiffre est d’autant plus alarmant que « la population du Liban » (population of Lebanon) risque de devenir « la population libanaise » (Lebanese population) si l’actuel gouvernement ne fait rien pour remédier à cette situation. Certes, Walid Joumblatt a bien raison de mettre en garde contre un retour anarchique des réfugiés syriens qui s’apparenterait à une déportation en raison des périls qui les menacent sous le régime d’Assad qui n’a jamais hésité à éliminer en masse ses opposants, mais la création d’une zone sécurisée en Syrie sous la protection de la Russie ou de l’ONU est-elle donc illusoire ? Si la compassion et la prudence doivent primer, elles n’empêchent pas d’ouvrir les yeux sur les dangers réels du « provisoire qui dure » au risque de modifier l’équilibre démographique du Liban...

Reste à se demander ce dont le nouveau gouvernement est capable. Salué par une population désespérée qui n’y croyait plus, applaudi par les féministes parce qu’il comprend quatre femmes (alors que ce chiffre est ridiculement bas !), il est condamné à obtenir des résultats rapides pour sortir le pays du bourbier où il s’enlise. Mais trois obstacles rendront sa tâche ardue, voire impossible : le manque d’harmonie entre les différents blocs et partis ; l’hégémonie évidente de l’alliance du 8 Mars (et consorts) qui a confisqué les ministères essentiels ; la permanence de la corruption, ainsi que le règne du clientélisme et du népotisme, illustré d’ores et déjà par la nomination critiquable de plusieurs ministres « apparentés ». Le général de Gaulle a considéré un jour que « le gouvernement (si tant est que l’on puisse l’appeler ainsi) des partis est une catastrophe nationale », avant d’ajouter : « On a fait le confessionnal pour tâcher d’éloigner le diable, mais si le diable est dans le confessionnal, alors ça change tout ! »

Chez nous, aussi longtemps que le ver rongera le fruit, la récolte sera forcément catastrophique.


2019-02 / NUMÉRO 152