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2018-04 / NUMÉRO 142   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Édito par Alexandre Najjar
Question d’indépendance
A
l’heure où le Liban se prépare aux élections législatives, un constat s’impose : la plupart des acquis du 14 Mars ont déjà été perdus par la faute de ses propres composantes qui ont privilégié leurs intérêts et conclu des alliances contre nature, tandis que le bloc du 8 Mars, de son côté, a gagné du terrain – et de nouveaux partenaires. Tout se passe, en somme, comme si le régime syrien, de moins en moins préoccupé par ses batailles domestiques et ses réfugiés, se remettait à piloter nos élections pour replacer ses pions sur l’échiquier libanais grâce à une loi électorale bancale concoctée par des esprits tordus, et faire basculer le Parlement de manière franche dans son camp. Partout, dans chaque circonscription, des symboles de la tutelle syrienne ont été programmés pour accéder au pouvoir déjà tenu, en partie, par des courants favorables à cette tutelle. La question que les électeurs libres devront se poser en votant est donc de savoir s’ils souhaitent oui ou non un retour de l’hégémonie qui, pendant quarante ans, a asservi le Liban. Si leur réponse est négative, il leur faudra opter sans hésiter pour une liste ne comportant aucun agent suspect, aucun revenant, afin d’endiguer le reflux qui, dans quelques jours, déferlera sur la place de l’Étoile... La vigilance est de mise et l’abstention – justifiée par le dégoût – dangereuse : si rien n’est fait pour les contrer, les forces de l’axe syro-iranien risquent de reconquérir le 6 mai prochain ce que la révolution du Cèdre leur a arraché, et de confisquer, pour asseoir leur autorité, le peu d’indépendance dont nous jouissons encore !


2018-04 / NUMÉRO 142