FEUILLETER UN AUTRE NUMÉRO
Mois
Année

2017-07 / NUMÉRO 133   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
CHERCHER SUR LE SITE
 
ILS / ELLES
 
LIVRES
 
IMAGES
 
Au fil des jours...
 
La photo du mois
Palmyre, Alep et Damas, entre photographie et littérature
2017-07-06
 
 
Palmyre, Alep et Damas : trois noms évocateurs, trois villes de Syrie à travers lesquelles se sont écrits plusieurs chapitres de l’histoire des civilisations. Leurs strates ont, selon les circonstances, été enfouies, recouvertes, découvertes, mises en pièces ou mises en valeur. Ou alors, comme à Damas et à Alep, n’ont jamais cessé de faire partie des éléments constitutifs de l’architecture urbaine. Michel Eisenlohr, auteur photographe depuis une quinzaine d’années, se rend en Syrie en 2002. Interrogé sur le choix de cette destination, il répond à Anaïs Viand (lens.fr) : « Le voyage en Syrie a été initié par l’invitation de Issa Touma, directeur du festival de photographie d’Alep, de présenter mon premier reportage sur l’Afrique de l’Ouest. Plutôt que de prendre l’avion, j’ai préféré effectuer le trajet par la route depuis Marseille. C’est une manière de savourer le changement des paysages, de se mettre dans un autre état d’esprit, prêt à découvrir un nouveau monde. D’être en itinérance. » En plein désert, Palmyre constitue une halte incontournable. La grandeur et la poésie des ruines submergent le photographe. La lumière y imprime sa marque, ciselant le volume des colonnes, découpant le relief des corniches. On croit la cité abandonnée au vent ; elle se révèle habitée par les bergers qui reposent leur troupeau à l’ombre de ses murs, par les enfants qui y trouvent un immense terrain de jeu. À Alep et Damas, le regard de Michel Eisenlohr est happé par la vie bouillonnante des échoppes, des tissus flottants, par les ruelles sombres et pavées, par cet art de vivre qui rassemble les différentes communautés dans le partage et le respect. Passionné de littérature de voyage, Michel Eisenlohr précise : « Quel que soit le point de départ, voyage, reportage et littérature sont toujours mêlés. La lecture d’un ouvrage peut être déclencheur d’une curiosité à aller voir. Inversement, j’aime pouvoir découvrir la vision d’écrivains, romanciers, historiens sur un thème ou un territoire que je vais arpenter. Je passe donc des récits de Nerval en Orient, des mythes de la Grèce antique, aux romans de Laurent Gaudet sur la Première Guerre mondiale et aux derniers polars islandais de Ragnar Jonasson. » Ces images sont visibles jusqu’au 17 septembre à l’exposition De Palmyre à Glanum, à l’hôtel de Sade à Saint-Rémy-de-Provence (tous les jours de 9h30 à 18h). Palmyre, Alep, Damas. Images de Syrie, photographies de Michel Eisenlohr, textes de Pierre Gros, Yann Brun, Bertrand Triboulot, Houmam Saad, Philippe Bélaval, Issa Touma, Michel Eisenlohr et Lionel Izac, Actes Sud, 60 illustrations en quadri, 19 x 21, 2017, 120 p. Palmyre, temple funéraire, 2002 © Michel Eisenlohr
 
2017-07 / NUMÉRO 133