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2017-03 / NUMÉRO 129   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Sabyl Ghoussoub et la violence banale
2017-03-02
 
 
Le photographe libano-français Sabyl Ghoussoub a grandi à Paris et a eu un parcours atypique. En 2011, il devient directeur du Festival du film libanais à Beyrouth. Depuis 2015, il se consacre principalement à la photographie et l'écriture. Sa série intitulée Tirs de joie est inspirée d'images de presse. Ces huit photographies – toutes visibles sur son site www.sabylghoussoub.com/ – reconstituent des scènes de victimes de balles perdues lors des tirs en l'air effectués par des hommes armés pour démontrer leur joie lors d'un événement (mariage, victoire éléctorale, discour politique). De ces victimes, on ne distingue jamais le visage. Ces acteurs plus ou moins anonymes des rubriques de faits divers passent de vie à trépas à l’occasion d’un événement heureux. Cette ironie du sort est amplifiée par l’aspect sanguinolent et volontairement kitsch de la série. Si, selon Ghoussoub, le sujet de la guerre civile de 1975-91 semble dépassé en tant que sujet artistique, cette mise en scène des balles perdues reflète la nouvelle problématique de la violence actuelle qui règne partout au Proche-Orient, et au Liban en particulier. Cette violence est moins événementielle, plus banale, sournoise et omniprésente. On pense non seulement aux victimes des tirs de joie, mais aussi à celles de la violence domestique, de l'extrême misère et des abus que subissent en partie les réfugiés, les déclassés ou les employés de maisons, sans oublier, enfin, les victimes anonymes des attentats à la voiture piégée. Ou, plus banalement encore, celles des accidents de la route. A.M.
 
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