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2020-04 / NUMÉRO 166   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Poème d’ici
Paradis


Par Abdo Wazen
2008 - 06

Né en 1957, Abdo Wazen est poète et journaliste, responsable des pages culturelles du quotidien arabophone al-Hayat. Il a à son actif plusieurs recueils de poésie (Le jardin des sens, Le feu du retour, Les portes du sommeil… ), des pièces de théâtre et des traductions du français. Il vient de publier chez Dar al-Nahda un recueil intitulé Hayat mou’atala (Une vie en panne) dont nous publions l’extrait suivant , tarduit de l'arabe par Antoine Jockey :

Paradis

Si j’avais une patrie
Je ne rêverais pas de villes
Par-delà les rivages !

Si comme ceux qui chantent leurs gloires
J’avais une histoire
Je ne me tiendrais pas comme un nègre sous le soleil
Et je ne regarderais pas vers le ciel
Avec des yeux blessés !

Si j’avais des aïeux
Comme ceux qui sommeillent
Dans les livres
Je ne parcourrais pas les ruelles
À la recherche de frères
Inconnus !

Ô patries
Ô frontières tracées par le sang
Ô illusions qui s’éclipsent
Comme les étoiles le jour !

Ces ruines qui se répandent partout
Ne suffisent-elles pas ?
Cette lumière purpurine qui couvre les champs
Ne suffit-elle pas ?
Cette fumée qui se dégage des fenêtres
Ne suffit-elle pas ?

Ô histoire, le sel qui a été versé sur tes pierres
Ne suffit-il pas ?
Cette cendre qui tombe sur les plaines
Ne suffit-elle pas ?
Ce nuage qui voile l’œil du ciel
Ne suffit-il pas ?

Si j’avais une patrie
Je n’aurais pas pleuré avec ceux qui ont quitté leurs maisons
Un matin désert
Si j’avais une ville
Je n’aurais pas marché
Avec ceux qui errent dans la nuit
Cherchant un pays apparu une fois
Dans un rêve
Oublié.

 
 
D.R.
 
2020-04 / NUMÉRO 166