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2020-02 / NUMÉRO 164   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Editorial
Raids et fanfaronnades


Par Alexandre Najjar
2009 - 01
Le 28 décembre 1968, Israël lançait un raid sur l’Aéroport international de Beyrouth, détruisant au sol treize avions civils. Apprenant la nouvelle, le général de Gaulle réagit violemment. À son aide de camp, il déclara avec colère : « C’est incroyable, insensé. Ils se croient tout permis ! Une vraie démence ! Si on ne fait pas attention, ils finiront par précipiter le monde dans un cataclysme qu’ils ne paraissent même pas soupçonner ! » Le 1er janvier 1969, à l’Élysée, devant le corps diplomatique, le général dénonçait « les actes exagérés de violence » commis par l’État hébreu. Quarante ans après, rien n’a changé : les représailles israéliennes aux provocations du Hamas apparaissent tout aussi disproportionnées et « exagérées » que le raid sur l’AIB.
L’affligeant dans ce conflit, c’est, outre les vies humaines sacrifiées, la cacophonie arabe, chaque État accusant l’autre de complicité ou de lâcheté, et chacun, y compris le Hezbollah – véritable État dans l’État –, faisant de la surenchère pour s’ériger en champion de la cause palestinienne. La nation arabe est devenue une caricature. Incapable de vision commune ou de réelle solidarité, elle n’est plus bonne qu’à s’enorgueillir de l’exploit de ce journaliste « héroïque » qui, pour sortir du juste anonymat où il se trouvait, a troqué son stylo contre une paire de godasses. « Les coursiers de la nuit, et les déserts semés d’embûches me connaissent, la guerre et les coups, le papier, la plume », proclamait jadis al-Moutanabbi, symbole du poète arabe contestataire. Il n’avait pas prévu la chaussure.

 
 
 
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