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2017-11 / NUMÉRO 137   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Editorial
Dérives


Par Alexandre Najjar
2017 - 10
Les deux plaies de notre époque : laxisme et terrorisme. Malgré les victoires tardives contre Daech en Syrie et en Irak, les monstres continuent de sévir aux quatre coins du monde. Or leurs crimes abjects alimentent l’islamophobie et mettent tous les musulmans d’Occident dans le box des accusés, desservant ainsi la « cause » même de cet État islamique qui s’érigeait en protecteur de l’Islam. À la barbarie et à la lâcheté s’ajoute l’ânerie.

Ce qui est aussi préoccupant, outre la pandémie terroriste, c’est le laxisme des États qui y sont confrontés. À chaque attentat, on apprend que le criminel « était connu des services de la police », qu’il avait été condamné dix fois avant de passer à l’acte, qu’il s’est radicalisé en prison, qu’il a été arrêté la veille, mais qu’il a été relâché parce que le fonctionnaire était en vacances… On croit rêver. Face à un ennemi aussi sournois et déterminé, la tolérance zéro s’impose.

Et que dire des États-Unis où les armes à feu sont toujours en vente libre et où, malgré la multiplication des fusillades, commanditées par Daech ou pas, dans les universités ou ailleurs, le lobby des cowboys continue de militer pour le droit de disposer d’un arsenal chez soi, à la portée du premier détraqué venu ? Le carnage de Las Vegas doit être le dernier épisode d’un film d’horreur qui a trop duré par la faute de ceux qui offrent l’arme du crime à l’assassin.

Et que dire du Liban, cet éternel bon Samaritain, refuge des déshérités et des infiltrés de la région ? La théorie qui circule actuellement dans certaines ambassades occidentales est qu’il faut sécuriser le retour des réfugiés syriens, car tout retour prématuré pourrait les exposer à des représailles qui les ramèneraient au Liban d’où ils refuseraient alors de repartir. Mais cette théorie ne nous dit pas comment ces mêmes ambassades comptent « sécuriser » ce retour tant que l’État syrien est toujours gouverné par un régime vindicatif sans foi ni loi. Si rien n’est fait pour trouver une solution rapide et radicale en Syrie, le retour des réfugiés sera de facto remis aux calendes grecques. Et l’implantation d’un million de réfugiés ne sera plus un épouvantail, mais une fatalité.

 
 
 
2017-11 / NUMÉRO 137