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2019-12 / NUMÉRO 162   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Editorial
Requiem pour la lecture


Par Alexandre Najjar
2019 - 08
Il est courant de rencontrer de nos jours de jeunes Libanais qui se targuent de ne pas lire du tout, comme si la lecture était devenue démodée, voire inutile. Or il ressort d’une étude sur les jeunes et la lecture publiée en France par le CNL que l’environnement familial joue un rôle déterminant sur les pratiques de lecture : « Les jeunes qui sont les plus grands lecteurs sont ceux qui vivent dans un foyer où le père et la mère sont également de grands lecteurs et leur ont raconté des histoires quand ils étaient petits ; où les parents contrôlent le plus leur usage d’Internet ; où le niveau d’étude et la catégorie socio-professionnelle de la personne de référence du foyer sont les plus élevés ; où le nombre de livres au domicile est important. » Au Liban, si le nombre de jeunes qui lisent a dramatiquement baissé, c’est certes à cause de ce facteur parental, mais aussi à cause de l’idée fausse, arrogante et très répandue que le numérique a supplanté le livre alors que les deux supports devraient cohabiter harmonieusement sans s’exclure – tout comme l’invention de l’avion n’a pas éliminé les autres moyens de locomotion. Or une génération qui ne lit pas et qui limite ses connaissances à ce qu’elle glane sur Internet en surfant de manière souvent désordonnée, est une génération superficielle et paresseuse, qui croit tout savoir alors qu’elle n’approfondit rien. L’élite de demain sera celle qui maniera l’outil informatique et qui, en parallèle, aura beaucoup lu, car à compétences égales c’est la culture acquise grâce à la lecture qui fera la différence. Le livre n’est pas un luxe, c’est une nécessité, un réservoir de connaissances où nos jeunes, désabusés de tout, peuvent encore puiser le savoir et trouver des réponses intelligentes à leurs questionnements. Nous avons inventé l’alphabet, mais nous ne lisons plus. C’est un peu comme si Pasteur était mort de la rage...

 
 
 
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