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2020-04 / NUMÉRO 166   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Lebanese Beauty


2010 - 05
Sous ses boucles platinées dont les racines noiraudes dénoncent l’origine « plébéienne », son cerveau ne doit pas peser bien lourd. C’est qu’il ploie, le malheureux, sous le fardeau d’une chevelure opulente qui doit tout à la technique récente des « extensions », lesquelles ne s’étendent visiblement pas à la matière grise. Sa bouche aux dents refaites se veut « boudeuse sexy », mais ses lèvres ont été si trafiquées qu’elles relèvent désormais de la lippe dédaigneuse d’une actrice sur le retour. Quant à son nez en trompette, il a déjà subi deux retouches sans pour autant devenir mutin, encore moins spirituel… De nouvelles joues lui ont poussé, supposées transformer son visage anguleux en minois enfantin, mais la grâce de ces boursouflures latérales reste à démontrer. Et que dire de deux yeux bleu porcelaine aussi naturels et expressifs que ceux du baigneur en celluloïd avec lequel on jouait enfant ?

Juchée sur des talons, que dis-je sur un plateau himalayen qui ferait pâlir d’envie Maxime Chaya lui-même, la pauvrette se dandine tant bien que mal, manquant de tomber à chaque pas, dans une tentative désespérée de déhanchement lascif. Il faut dire que son jeans ultraserré artistement déchiré, son minitop taille enfant et ses bijoux clinquants qui carillonnent sans cesse ne lui facilitent pas les choses. Encore moins son sac, aussi surdimensionné que son ego, mais en plus siglé. Déjà que liposucée, massée, exfoliée et régénérée, sa peau tient à peine la route. Qu’importe, le temps venu, des chirurgiens toujours plus habiles « lui feront la peau » au sens propre comme figuré, sans oublier, au passage, de lui « faire les poches ». Car ils le savent bien, elle n’hésite devant aucune dépense de « beauté » ou de pseudo-jouvence. Dans sa quête pathétique du Graal esthétique, ce Dorian Gray au féminin est prête à tout, à se ridiculiser, à souffrir, à mourir de faim, voire à mettre ses jours en danger. Pour un homme ? Pas sûr… Pour cette image de soi insensée, à la fois projetée et rêvée.

« Miroir, miroir dis-moi qui est la plus belle ? » À la question, vieille comme le monde, de la vilaine mais néanmoins anxieuse belle-mère de Blanche-Neige, la réponse serait aujourd’hui simple : celle qui a le meilleur chirurgien esthétique !
 
 
D.R.
 
2020-04 / NUMÉRO 166