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2018-09 / NUMÉRO 147   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Au fil des jours...
 
Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Une femme dites-vous ?


2018 - 02
Vous ne reconnaissez plus vos copines. Elles qui étaient toujours coiffées de boucles blondes ondulées à la Farrah Fawcett viennent de troquer leur crinière blonde luxuriante contre une coupe de cheveux ras à la GI. Qui plus est, d’une vilaine couleur grise que Miss Marple elle-même n’aurait pas désavouée. Côté chaussures, les escarpins à talons aiguilles et les stilettos ne sont plus qu’un lointain souvenir. Désormais, les filles déambulent en godillots de chantier dignes d’un terrassier prolétaire. Assortis à un pantalon noir ample, à un gros pull informe et à une besace d’ambulancier, c’est, semble-t-il, la tenue la plus tendance.

Vous n’en revenez pas. Les robes, les jupes, les volants, les drapés, fini ! Les couleurs aussi, semble-t-il. Complètement has been. Les pastels sont bons pour les twin-sets de mémé. On n’en trouve plus, paraît-il, que dans les maisons de repos, égayant les mornes soirées passées à faire du macramé devant Questions pour un Champion. Quant aux belles couleurs vives comme le rouge, le bleu ou le vert, elles ont depuis belle lurette déserté les soirées. Au profit du noir. Partout. Un noir profond, dramatique, omniprésent. De quoi ficher la déprime. Vous comprenez pourquoi les magasins de vêtements féminins sont au bord du dépôt de bilan.

Quant au maquillage, vous avez le choix entre le regard charbonneux tragique et le sanguinolent tendance vampire. Tout cela sur un fond de teint ultra pâle qui donne aux mannequins le visage d’une malade sous perfusion au bord de l’agonie. Vous n’osez plus feuilleter un magazine de mode.

Le coup de massue vous est donné par votre meilleure amie française. Vous ne la reconnaissez pas sur sa photo de « profile ». Elle vient de se raser la tête. Pour protester dit-elle contre le regard concupiscent des hommes et le harcèlement dont elles font l’objet.

Vous la rassurez. Avec cette tronche, elle ne risque vraiment rien. Même Harvey Weinstein ne s’y frotterait pas (sans mauvais jeu de mots, je vous assure…).
 
 
D.R.
 
2018-09 / NUMÉRO 147