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Élections 2018


Par Salah Honein
2018 - 04
La nouvelle loi électorale est venue consacrer le marasme qui domine désormais la scène politique libanaise, où les éléments qui déterminent les attitudes et comportements politiques ne sont que contradictions et intérêts étroitement personnels où manquent la transparence, la crédibilité, l'éthique et le dévouement mais où s'impose, par contre, le dictat d'un égoïsme sectaire insoutenable.

Cette néfaste mentalité régnante sur l'action politique est en train de miner « le politique » qui se désintègre à vue d'œil tout comme elle réduit les possibilités de renouvellement de la classe politique, renouvellement qui demeure l'essence même de tout progrès démocratique.

Cette nouvelle loi ne fait donc que ternir la confiance de l'électeur à cause de l'ambiance politico-électorale malsaine dans laquelle les partis traditionnels perdent leur âme. Cette campagne électorale sera donc menée par le biais d'alliances faites dans une circonscription et défaites dans l'autre, au détriment de tout principe, tout positionnement ou toute logique politique, ne retenant que les chiffres électoraux qui deviennent « la conscience » de cette campagne où tout devient inaudible et où les partis ne pensent qu'à accaparer le pouvoir pour n'en retenir que l'excès, mécanisme facilité par cette loi glauque et sans ADN qui, sous couverture de proportionnelle, nous sert l'autoritarisme et le clanisme de la loi orthodoxe adulée par ces partis en pleine perte du sens politique !

En effet, il est inutile de parler de loi électorale sous le régime de la proportionnelle tant que certaines conditions ne sont pas respectées car, selon les expériences obtenues par l'application du régime de la proportionnelle, il apparaît que les grandes circonscriptions sont plus aptes à générer les résultats escomptés. Dans notre pays, les circonscriptions auraient dû être au nombre de cinq, représentant les cinq Mohafazats traditionnels. Par conséquent, le morcellement des circonscriptions en quinze avec, de surcroît, un seul vote préférentiel utilisé uniquement dans le casa d'appartenance de l'électeur ne font que rapprocher les résultats de cette loi soi-disant « proportionnelle » de ceux d'une loi appliquée sous un régime majoritaire. Par ailleurs, le vote préférentiel tel qu'octroyé ne serait que la réalisation camouflée de la loi dite orthodoxe, qui n'a rien d'orthodoxe, si convoitée par la classe politique qui sévit et instaure les mécanismes qui ne font que nourrir son « fonds de commerce » majeur, ce mélange absurde de clanisme et de sectarisme confessionnel.

Cette loi électorale est d'autant plus inique qu'elle engendre une double compétition, celle normale avec la liste adverse mais, aussi, celle dénaturée à l'intérieur même des listes, provoquée entre ses membres par le vote préférentiel. Cette situation est d'autant plus incompréhensible qu'elle a fini par avoir le dessus sur les candidats non affiliés aux partis dont certains, par peur, ont fini par être intégrés aux blocs de ces mêmes partis et d'autres, par pudeur, ont choisi de rester en dehors de leur emprise, refusant les alliances dénudées d'objectif politique qui leur ont été proposées.

Notons que l'instauration du vote préférentiel a été décidée à cause de l'incapacité des partis d'ordonner les membres de leurs listes selon leurs propres choix préférentiels, ce qui aurait créé une bien plus grande cohésion parmi les adhérents à une liste dont les élus auraient été choisis en fonction de leur classement sur la liste.

En définitive, cette loi électorale miroite une meilleure représentativité pour n'en obtenir que celle qui nous a déjà été servie et resservie. En fait, elle a été élaborée et rédigée par les partis pour combler les intérêts de ces mêmes partis que les résultats du 6 mai consacreraient en « locataires » exclusifs de l'assemblée.

Triste loi. Triste assemblée.
 
 
D.R.
« La nouvelle loi électorale est venue consacrer le marasme qui domine désormais la scène politique libanaise. »
 
2018-12 / NUMÉRO 150