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2017-08 / NUMÉRO 134   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Beyrouth à Saint-Nazaire et Paris


2015 - 01
Aux mois d'octobre et de novembre de l'an dernier se sont tenues deux manifestations littéraires mettant Beyrouth à l'honneur. La première est celle qu'a organisée au mois d'octobre la Maison Internationale des Écrivains à Beyrouth en conviant six écrivains du monde dans la capitale libanaise pour débattre de la multiculturalité, de l'écrivain entre deux langues et de la littérature en général. Un mois plus tard et dans le but de célébrer la naissance de la maison des écrivains libanaise dont elle est partenaire, la Maison des Écrivains Étrangers et Traducteurs de Saint-Nazaire (MEET) mettait Beyrouth et sa littérature à l'honneur lors de ses rencontres annuelles du mois de novembre, à Saint-Nazaire même puis à Paris. Conformément à la tradition instituée par la Maison des Écrivains Étrangers et Traducteurs, une autre littérature, celle de Colombie, était associée à celle du Liban. Beyrouth-Bogota a donc été le titre de ces rencontres où les écrivains libanais, colombiens et français ont débattu durant une semaine.

Préparées en amont par la présence à Beyrouth en octobre du romancier colombien Santiago Gamboa, puis par la publication par la MEET d'un volume comprenant une anthologie de la littérature libanaise contemporaine sous la direction de Charif Majdalani (parallèlement à une anthologie colombienne dirigée par Juan Gabriel Vasquez), les rencontres de Saint-Nazaire ont tourné autour des différents aspects de la littérature libanaise d'aujourd'hui, et de Beyrouth comme mythe littéraire aussi bien que comme réalité complexe reflétant les complexités de la société libanaise. En se basant pour une grande part sur le texte de Charif Majdalani en introduction à l'anthologie libanaise, les diverses débats, où se sont entre autres exprimés Majdalani lui-même, Jabbour Douaihy et Hoda Barakat, ont tourné autour de la naissance du roman libanais moderne au moment de la guerre civile, puis de sa perpétuation aujourd'hui en même temps qu'une lente disparition du genre poétique. Les débats ont aussi porté, de manière insistante, sur le travail de la génération d'écrivains dite des aînés, celle qui a vécu l'avant-guerre civile et la guerre elle-même et qui dans ses livres rompt avec les constructions et les images mythiques du Liban longtemps véhiculées par la littérature libanaise et tente de réécrire l'histoire récente du Liban. Durant les débats, il a été de même question de la génération plus récente, dont les préoccupations sont différentes et davantage tournées vers les problèmes de l'individu (et de la femme, le plus souvent) au sein de la société libanaise contemporaine. Les écrivains ont par ailleurs eu l'occasion de s'exprimer sur leur vision de Beyrouth, souvent différente de l'un à l'autre, en fonction des itinéraires individuels et de la manière avec laquelle chacun a vécu la destruction puis la renaissance de la ville.

Les rencontres de Saint-Nazaire ont été parallèlement l'occasion d'une projection en avant-première en France du dernier film de Philippe Aractingi, Héritages, dans un cinéma de la ville où une discussion en présence des écrivains libanais avec une salle comble a duré une partie de la nuit. Des courts métrages de réalisateurs libanais passaient par ailleurs en boucle sur le lieu même des rencontres, la fameuse et fascinante base sous-marine allemande de Saint-Nazaire. Après cela, les rencontres se sont poursuivies à Paris, avec une lecture de Charif Majdalani en compagnie de Juan Gabriel Vasquez au Centre Georges Pompidou, une rencontre avec les romanciers libanais à l'Institut du Monde Arabe et diverses interventions des écrivains dans les établissements scolaires parisiens.
 
 
D.R.
 
BIBLIOGRAPHIE
Dire la Ville, anthologie de textes sur la ville de , (avec entre autre des textes de Jabbour Douaihy et Hoda Barakat), MEET, 2014.
 
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